C’est une naissance majeure dans le paysage culturel ouest-africain. Le 16 janvier 2026, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ a accueilli la cérémonie d'ouverture du tout premier Festival International de Documentaire Africain de Bamako (FIDAB). Dans un secteur audiovisuel bouleversé par le streaming, l'événement entend réaffirmer la force du réel et armer les créateurs du continent face aux nouveaux défis de la diffusion.
Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé représenté pour l'occasion par son Chef de Cabinet M. Salia Malé et son Chargé de Mission M. Amadou Diabaté, cette édition inaugurale marque un tournant décisif. Bamako, ville historiquement liée au 7ème art, renoue avec son statut de place forte du cinéma en offrant une vitrine exclusive au format documentaire.
Le FIDAB ne se contente pas de célébrer le passé ; il regarde droit vers l'avenir. Alors que les géants de la VOD (Vidéo à la Demande) redéfinissent les habitudes mondiales, le festival veut se positionner comme une boussole stratégique.
Comment exister face à la viralité des contenus numériques ? Le FIDAB compte apporter une réponse claire en misant sur la qualité et l'authenticité. À travers ses résidences d’écriture et ateliers techniques, l'événement prépare une nouvelle génération de réalisateurs maliens et africains à maîtriser les codes de la distribution dématérialisée. L'objectif est de transformer la concurrence des plateformes en un puissant levier d'exportation pour la culture africaine.
Pour autant, l'expérience collective reste sacrée. En diffusant les œuvres au Centre National de la Cinématographie du Mali (CNCM) et au Palais de la Culture, le festival veut réussir le pari de l'hybridité, celui de célébrer la magie de la salle tout en préparant la bataille de l'attention sur le web.
Un miroir des mutations du continent
Pensé comme un espace de visibilité pour les cinéastes du continent et de la diaspora, le FIDAB a fait le choix de la fraîcheur : seules les œuvres produites après le 1er janvier 2024 sont à l'honneur. La programmation, riche et éclectique, explore des thématiques variées telles les mémoires collectives, dynamiques sociales ou trajectoires intimes...
Au-delà des projections, le festival se veut un véritable lieu d’échanges. Les débats prévus entre le public et les réalisateurs visent à désacraliser l'œuvre pour mieux la comprendre, affirmant la légitimité du documentaire comme outil majeur de narration et d'archive sociale.
Gratuité et excellence
Fidèle à une logique de transmission, l'accès aux projections est entièrement gratuit, une volonté forte de démocratiser le cinéma documentaire au cœur de la capitale malienne. L'excellence sera toutefois célébrée lors de la clôture, avec la remise de plusieurs distinctions prestigieuses (Grand Prix, Prix du Jury, Meilleur court métrage) ainsi que des prix techniques pour l'image et le son.
Au nom du Ministre Daffé, les officiels ont salué la pertinence de cette initiative qui, en intégrant les enjeux du numérique, assure non seulement la pérennité du cinéma malien, mais garantit son rayonnement dans un écosystème médiatique globalisé.



Commentaires
Enregistrer un commentaire